Site de Vivat International BELGIQUE - BELGIË – VIB

la branche belge de l'ONG « Vivat International » siège à New York


Coordinateur/coordinator: Père Jean-Jacques Kasanda, Rue Doyen Adriaens 18, 1080 Bruxelles/Brussel, Belgique/België

Compte bancaire: BE26 3631 2946 4829 de Congrégation du Saint Esprit



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Savoir plus sur VIVAT International

VIVAT International est une ONG fondée il y a 16 ans par deux congrégations, les Serviteurs du Verbe Divin et les Sœurs Servantes du Saint Esprit. Aujourd’hui, elle en regroupe 12, dont les Oblats. Son objectif est de créer un réseau international en prenant appui sur la force d’implantation des congrégations missionnaires, et ce pour défendre auprès de l’ONU, des dossiers relatifs à la justice, la paix et l’intégrité de la création. Un bureau permanent se tient à New York, un autre à Genève.

Vingt-six personnes de huit congrégations présentes en Europe se sont retrouvées pour un atelier de sensibilisation organisé par le groupe belge. Le témoignage d’acteurs de diverses associations a permis de « donner chair » à la problématique des droits des êtres humains, via notamment la question des réfugiés, celle du réchauffement climatique ou encore celle du trafic des êtres humains.

Une note toute particulière pour le « mouvement des travailleurs domestiques » fondé par soeur Jeanne en Inde, de passage à Bruxelles et venue nous en parler pour l’occasion ! L’expression « travailleurs domestiques » désigne des femmes, des enfants ou des migrants conduits à travailler comme domestiques dans de véritables conditions d’esclavage : papiers confisqués, logement sur le lieu du travail à même le sol, horaires inexistants… Leur clandestinité les exclut de toute protection sociale ou médicale. Ce fléau, très présent en Inde et dans divers pays, concerne également l’Europe. Ainsi en Angleterre, on évalue à plus de 4.000, le nombre de personnes ainsi réduites en esclavage. Nous n’avons pas eu les chiffres pour la France… Néanmoins, on est en droit de trembler !

Le « mouvement des travailleurs domestiques » vise à leur redonner l’initiative de leur vie en faisant d’eux les principaux acteurs de l’association : repérer les situations d’esclavage domestique, tout mettre en œuvre pour enclencher des procédures judiciaires, mais surtout signifier à ces personnes qu’elles ne sont pas, quelles ne sont plus, seules… Tout un programme ! C’est également à un niveau plus global que le mouvement tente d’agir en faisant évoluer l’arsenal législatif autour de la reconnaissance de leurs droits, de la protection sociale et maternelle, de la scolarisation obligatoire des enfants, et ce… dans un maximum de pays !

Je dois avouer qu’entendre une femme aux cheveux si… blancs, énoncer de telles exigences, redonne instantanément le goût de l’audace et de l’espérance ! Comment qu’ils disent, déjà, les Oblats ? « Oser grand comme… Ah oui ! le monde ». C.Q.F.D !

A partir de ce témoignage et de tant d’autres, il nous a été donné de comprendre que l’engagement pour la justice, la paix et l’intégrité de la création n’était pas d’abord fondé sur je ne sais quel devoir moral, mais sur l’enthousiasme et le désir. C’était d’ailleurs le thème de l’atelier : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie, et qu’ils l’aient en abondance » ! Oui ! Ils sont tellement vivants, celles et ceux qui y engagent leur vie.

La seconde partie de la session, davantage consacrée au fonctionnement de VIVAT International et à ses liens avec l’ONU, nous a permis de mieux connaître la méthode du « plaidoyer », cette façon de faire qui tente d’éclairer le jugement des décideurs, les élus, via un mixte de discussion, de persuasion, et de pression populaire. Au fond, nous avons tord de penser que c’est uniquement « là-haut » , à l’ONU , au niveau des gouvernements ou, pire, des multinationales, que les choses se jouent. On ne mesure pas l’enjeu qu’il y a à agir au niveau local : la municipalité, le quartier, notre propre maison (notamment dans nos choix de consommation et de mode de vie) !

Mais une question dérangeante a surgi : pourquoi, en Europe, sommes-nous si prompts à nous enflammer pour l’autre bout du monde tout en étant si frileux lorsqu’il s’agit de balayer devant notre porte ? La leçon a porté. Nous sommes sortis de cet atelier, convaincus qu’il fallait interroger notre volonté de nous engager. Cela passe certainement par une meilleure connaissance de ce qui se vit aux niveaux européen et mondial, par la détermination d’objectifs précis, de priorités claires, mais également par des prises de risque et quelque chose comme la décision de ne pas (trop) « ronfler en rond » ! Une révolution mondiale est en marche. Il serait regrettable de passer à côté !

Bertrand Evelin

source de l'article : Site des Oblats